Le pharmacien indépendant, en voie de disparition?

Dans le monde de la pharmacie, l’union fait la force. Au Québec, en partie parce que l’approvisionnement est facilité pour les propriétaires de pharmacies appartenant à une bannière comme Jean Coutu ou Uniprix, on ne dénombre plus qu’une cinquantaine de pharmaciens indépendants, qui font cavalier seul.

Les quelques derniers pharmaciens indépendants, souvent partisans d’une pratique pharmaceutique en meilleur accord avec les besoins précis de leur clientèle locale, vous diront leur déception de voir diminuer le nombre de propriétaires-pharmaciens indépendants.

La réalité est que ceux qui font ce choix doivent s’attendre à se battre à armes inégales et à vivre dans une certaine précarité. Le milieu pharmaceutique au Québec est désormais mené par trois gros joueurs : Loblaws, qui est propriétaire de la chaîne Pharmaprix ; Metro, qui possède les bannières Brunet et Jean Coutu, et McKesson Canada, qui est derrière la chaîne Uniprix. Quand vient le temps d’obtenir les meilleurs prix de détail, ces chaînes partent avec une longueur d’avance pour s’approvisionner en médicaments sans prescription et en produits commerciaux variés.

Une uniformisation qui peut déplaire

« Ce qui est déplorable dans cette convergence, c’est l’uniformisation de l’expérience-client, dit Charles Milliard, pharmacien et vice-président stratégies et rayonnement santé au cabinet de relations publiques National. De nombreux patients cherchent des services pharmaceutiques différents de ceux qu’offrent les bannières, peut-être une approche davantage à l’européenne. Or, toutes les pharmacies se ressemblent et offrent plus ou moins le même service. »

Néanmoins, notre histoire pharmaceutique a montré que l’union des pharmaciens sous une même bannière est avantageuse pour de nombreuses raisons. En plus d’obtenir leurs produits à meilleur prix en faisant des achats en gros, les propriétaires de pharmacies à bannières ont développé un marketing puissant qui s’est avéré fort efficace et qui leur assure prestige et crédibilité. Les sondages Léger Marketing le prouvent année après année, les pharmacies Jean Coutu se retrouvant souvent aux premiers rangs des entreprises les plus admirées par les Québécois.

Pharmacien indépendant: des pratiques pharmaceutiques néanmoins protégées

« L’indépendance commerciale est en voie de disparition, poursuit Charles Milliard, mais l’indépendance professionnelle des pharmaciens demeure assurée quoi qu’il en soit. Les consommateurs ne devraient pas s’inquiéter, puisque les lois québécoises imposent à tout pharmacien-propriétaire d’être membre de l’Ordre professionnel et d’en respecter les normes très strictes. Aucune pression commerciale de la bannière ne peut vraiment interférer dans le travail précis du pharmacien et dans les conseils qu’il vous prodigue. »

Les pharmaciens opérant sous bannière sont par ailleurs unis pour affronter le prochain défi : la vente en ligne de médicaments, une déferlante que les indépendants risquent d’avoir plus de mal à apprivoiser.

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